En avril 1994, alors qu’il n’a que 11 ans, le narrateur voit son monde s’effondrer avec le début du génocide contre les Tutsis. Sa famille, comme des milliers d’autres, cherche refuge dans une école catholique à Kabgayi, où son père est enseignant. Mais très vite, l’espoir d’une protection disparaît lorsque les soldats et les miliciens commencent à sélectionner des hommes pour les exécuter. Le 28 avril, son père est emmené et tué, laissant derrière lui une famille brisée. Les jours passent et la situation empire : la faim, la maladie et la peur constante ravagent les survivants enfermés dans un espace surpeuplé. Le 2 juin, lorsque la zone est enfin libérée, seuls les plus jeunes et les plus âgés ont survécu. Sa mère, qui avait échappé au massacre, décède quelques semaines plus tard, laissant ses enfants livrés à eux-mêmes.
Après le génocide, la vie devient une épreuve de survie et de reconstruction. Privé de parents et d’une grande partie de sa famille, le narrateur et ses frères et sœurs doivent apprendre à vivre autrement. Le traumatisme est omniprésent, renforcé par l’absence de sépulture pour leurs proches et l’incertitude permanente sur l’avenir. Malgré tout, le Rwanda se transforme sous un nouveau gouvernement prônant l’unité et l’inclusion, offrant un semblant de sécurité et de liberté aux survivants. Petit à petit, il comprend que la mémoire est essentielle pour empêcher que de telles atrocités ne se reproduisent. C’est pourquoi il devient un « travailleur de mémoire », partageant son histoire et aidant les nouvelles générations à comprendre le passé à travers l’écriture et l’éducation.
Aujourd’hui, le narrateur incarne une résilience extraordinaire. Malgré les souffrances, il a poursuivi ses études, pratiqué le sport et obtenu son diplôme universitaire. Il voit la parentalité comme un symbole d’espoir et de continuité, un moyen de tourner la page sans oublier. Pour lui, la plus grande revanche sur son passé sombre est de construire une vie heureuse et épanouie. Son histoire témoigne de la force de l’esprit humain et de la nécessité de se souvenir pour bâtir un avenir meilleur.