En résumé, Dans les milieux libertaires et d’ultra-gauche, le soutien au négationnisme se construit autour d’une critique radicale des récits historiques dominants et des structures de pouvoir, mais il s’accompagne souvent d’un antisémitisme latent et d’un complotisme dangereux. Ces arguments, qui brouillent les frontières idéologiques entre critique légitime et négationnisme, témoignent des dangers d’un relativisme historique absolu.
| Alliances idéologiques Pour diffuser leurs idées, les négationnistes s’appuient sur des alliances, réunissant divers courants qui partagent une hostilité commune envers les Juifs ou Israël : Les néo-nazis, l’extrême droite et la nouvelle droite Les libertariens L’ultra-gauche et les libertaires L’islamisme en Europe, le monde arabe et l’Iran Ces groupes, bien que souvent opposés dans leurs idéologies, trouvent un terrain d’entente dans leur rejet des récits historiques établis et leur adhésion à des théories complotistes. Le discours négationniste est ainsi instrumentalisé pour servir des agendas politiques variés, allant de l’extrême droite à certains courants d’ultra-gauche, en passant par des idéologies religieuses extrémistes. Pour aller plus loin : Le négationnisme : Histoire, concepts et enjeux internationaux, Stephanie Courouble-Share (w/ Gilles Karmasyn) Eyrolles, 2023, Fiche 2 de Gilles Karmasyn. Les idées fausses ne meurent jamais… Le négationnisme, histoire d’un réseau international, Stéphanie Courouble-Share,Le Bord de l’eau, 2021. |
| Les anciens nazis, néo-nazis et figures de la collaboration Certains négationnistes sont d’anciens nazis ou membres de l’extrême droite, souvent motivés par la volonté de réhabiliter le régime hitlérien ou de disculper les collaborateurs des crimes nazis. Ces figures s’inscrivent dans une logique de défense idéologique et politique qui transcende les frontières nationales. |
| Figures d’anciens nazis Thies Christophersen (1918 – 1997) : En 1973, Thies Christophersen, ancien SS, publie le pamphlet Die Auschwitz-Lüge (Le Mensonge d’Auschwitz, Kritik-Verlag, 1973), avec une préface de Manfred Roeder, avocat, militant néonazi et antisémite déclaré. Technicien SS affecté au travail du caoutchouc au camp d’Auschwitz de janvier à décembre 1944, Christophersen prétend offrir un témoignage direct des camps. Il se compare à Paul Rassinier, ancien survivant des camps devenu négationniste. Christophersen tente de montrer qu’il a été parachuté à Auschwitz contre son gré, à la manière d’un survivant. Cependant, la réalité est bien différente : Christophersen était un SS attaché au camp d’Auschwitz pour des travaux techniques dans un sous-camp éloigné du système d’extermination. Otto-Ernst Remer (1912 – 1997) : Ancien officier de la Wehrmacht, Otto-Ernst Remer joue un rôle central dans les réseaux néonazis allemands d’après-guerre. En 1950, il cofonde le Sozialistische Reichspartei (SRP). Renvoyé en 1952 pour ses propos négationnistes, il s’exile au Caire, où il devient conseiller militaire de Nasser et contribue au renforcement de l’appareil militaire égyptien. En 1956, il s’installe en Syrie. De retour en Allemagne dans les années 1980, il reprend activement sa propagande négationniste. Poursuivi par la justice, il fuit en Espagne en 1994, où il vivra jusqu’à sa mort. Pour aller plus loin : Wilhelm Stäglich, h-ref.de : https://www.h-ref.de/literatur/s/staeglich-wilhelm/auschwitz-mythos.php |
![]() Description de la photo : Otto-Ernst Remer, ancien officier de la Wehrmacht, joue un rôle central dans les réseaux néonazis allemands d’après-guerre. |
| Wilhelm Stäglich (1916 – 2006) fut un officier allemand ayant servi comme lieutenant dans la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale et stationné près du camp d’Auschwitz en 1944. Après la guerre, il devint juge administratif en Allemagne. Dans les années 1970, il s’engagea activement dans le négationnisme, publiant en 1979 son ouvrage controversé Der Auschwitz-Mythos (Le Mythe d’Auschwitz), où il niait l’existence des chambres à gaz et remettait en question la réalité de l’extermination des Juifs. En 1990, il publia un second livre, A Judge Looks at the Evidence (Un juge examine les preuves), cherchant à utiliser son statut de juriste pour apporter une crédibilité à son projet négationniste. Son engagement dans ce mouvement lui valut de perdre sa pension de juge et de voir son doctorat en droit révoqué par l’Université de Göttingen. Stäglich resta une figure influente dans les cercles négationnistes internationaux, collaborant notamment avec l’Institute for Historical Review (IHR) aux États-Unis. |
| Figures de la collaboration européenne Léon Degrelle (1906 – 1994), leader du mouvement rexiste belge, fut un Officier SS durant la Seconde Guerre mondiale. Il s’engagea dans la Waffen-SS et participa activement à la propagande nazie, devenant un symbole de la collaboration européenne sous l’égide de l’Allemagne hitlérienne. Après la guerre, condamné à mort par contumace en Belgique, il trouva refuge en Espagne franquiste, où il vécut jusqu’à sa mort. Durant son exil, Degrelle se consacra à la diffusion d’écrits glorifiant Adolf Hitler, niant la Shoah et contestant les récits historiques établis sur les crimes nazis. Parmi ses publications les plus célèbres figurent des ouvrages comme Hitler pour mille ans, où il exalte le Führer comme un « héros visionnaire ». Son activisme prolifique en Espagne lui permit de devenir l’une des figures de proue du négationnisme européen, inspirant de nombreux propagandistes d’extrême droite à travers le continent. |
![]() Description de la photo : Adolf Hitler et Léon Degrelle en 1944 – BELGA / AFP |
| Maurice Bardèche (1907 – 1998) Maurice Bardèche, intellectuel français et beau-frère de l’écrivain collaborationniste Robert Brasillach, s’imposa comme une figure clé du négationnisme en France. Dès 1948, dans son ouvrage Nuremberg ou la Terre promise, il critique violemment les procès de Nuremberg, qu’il qualifie de « justice des vainqueurs ». Ce livre marque le début de sa remise en question des récits historiques établis sur les crimes nazis, cherchant à minimiser notamment la Shoah. Bardèche s’oppose frontalement à la condamnation morale et juridique du nazisme, affirmant que les Alliés auraient fabriqué une propagande pour exagérer les crimes hitlériens. Par ses écrits et son influence, il amorce une tradition négationniste en France, qui servira de référence aux milieux d’extrême droite et aux cercles niant la réalité de l’extermination des Juifs. Louis Darquier de Pellepoix (1897 – 1980) commissaire général aux questions juives sous le régime de Vichy, fut l’un des artisans de la collaboration française dans l’extermination des Juifs. Pendant la guerre, il joua un rôle central dans la mise en œuvre de la politique antisémite, supervisant la confiscation des biens juifs et participant activement aux rafles et à la déportation. Après la guerre, il fuit en Espagne, où il échappa aux poursuites judiciaires. Depuis son exil, il continua à propager des discours antisémites et négationnistes, niant la réalité de la Shoah. En 1978, il accorda une interview choc à L’Express, où il qualifia les chambres à gaz d’« invention juive ». Cette déclaration fit scandale et contribua à le placer parmi les figures emblématiques du négationnisme européen. Jusqu’à sa mort, il resta une référence pour les milieux d’extrême droite et les cercles négationnistes, incarnant la collaboration et le refus de toute responsabilité face aux crimes de Vichy. |
![]() Description de la photo : « À Auschwitz, on a gazé que les poux ». Fac-similié de l’interview du négationniste Darquier de Pellepoix, parue dans l’Express, 28 octobre – 4 novembre 1978. Mémorial de la Shoah Pour aller plus loin : Les idées fausses ne meurent jamais… Le négationnisme, histoire d’un réseau international, Stéphanie Courouble-Share,Le Bord de l’eau, 2021. Chap. 7 |
| Le libertarianisme Aux États-Unis, une frange du libertarianisme a contribué à diffuser des thèses négationnistes, bien que cette mouvance politique se concentre avant tout sur la défense des libertés individuelles et la critique du pouvoir étatique. Cette dérive trouve ses racines dans l’histoire du révisionnisme historique américain, qui émerge dès la fin de la Première Guerre mondiale. Ces historiens révisionnistes s’opposent aux narratifs officiels justifiant l’entrée en guerre des États-Unis et développent une lecture critique des conflits mondiaux, rejetant toute vision manichéenne de l’Histoire. Après la Seconde Guerre mondiale, certains révisionnistes basculent dans le négationnisme en scrutant de manière obsessionnelle les crimes des Alliés et en remettant en question les procès de Nuremberg. À travers ces critiques, ils cherchent à relativiser les crimes nazis tout en promouvant une vision sceptique des récits historiques établis. |
| Figures du libertarianisme Harry Elmer Barnes (1889-1968) était un historien américain, considéré comme une figure fondatrice du négationnisme aux États-Unis. Initialement controversé pour ses positions révisionnistes sur la Première Guerre mondiale, il s’orienta, dans les années 1950 et 1960, vers la remise en question des récits établis sur la Shoah. En 1966, il publia un article dans le Rampart Journal, un périodique libertarien, où il affirmait que les crimes des Alliés avaient été « plus brutaux que l’extermination présumée dans des fours à gaz » (Rampart Journal, vol. II, n° 1, printemps 1966.) Barnes se présente comme un chercheur indépendant et sérieux, rejetant officiellement tout antisémitisme. Cependant, ses écrits, en minimisant ou en niant les crimes nazis, sont rapidement adoptés comme des références par les cercles négationnistes internationaux. Son travail établit une passerelle entre le révisionnisme historique traditionnel et le négationnisme de la Shoah. James J. Martin (1916 – 2004) : Élève de Barnes et historien libertaire, il publie American Liberalism and World Politics, 1931-1941 (1964), une critique de la propagande américaine avant la guerre. À la mort de son mentor, il écrit un essai en 1971 où il compare les camps soviétiques, américains et allemands, cherchant à relativiser les crimes nazis. En 1976, il participe à un entretien dans le magazine libertarien Reason, où il soutient des thèses négationnistes. À la fin des années 1980, il est invité à la première conférence de l’IHR (Institute for Historical Review), affirmant son rôle dans les cercles libertariens-négationnistes. |
![]() Description de la photo : The Barnes Review est un magazine bimensuel fondé en 1994 par Willis Carto, également fondateur de l’Institute for Historical Review. Son titre fait référence au négationniste Harry Elmer Barnes, dans une tentative d’acquérir une certaine légitimité. L’un des principaux promoteurs du négationnisme, le magazine, également un site web, défend des thèses niant la Shoah, réhabilite le régime nazi, minimise l’esclavage et promeut le nationalisme blanc. |
| Les milieux libertaires et d’ultra-gauche Les libertariens ne doivent pas être confondus avec les libertaires (anarcho-socialistes), qui prônent une société sans domination ni exploitation, dans une logique égalitaire. Cependant, certains auteurs libertaires ont également flirté avec le négationnisme, notamment en raison d’une hostilité partagée envers le capitalisme, perçu comme un système oppressif associé à l’histoire officielle de la Shoah. Pour aller plus loin : Le négationnisme : Histoire, concepts et enjeux internationaux, Stephanie Courouble-Share (w/ Gilles Karmasyn) Eyrolles, 2023, Fiche 2 de Gilles Karmasyn. Histoire du négationnisme en France, Valérie Igounet, Seuil, 2000. Les idées fausses ne meurent jamais… Le négationnisme, histoire d’un réseau international, Stéphanie Courouble-Share,Le Bord de l’eau, 2021. Libertaire et « ultra-gauche » contre le négationnisme, Collectif, 1996, éd. Reflex |
| Les arguments négationnistes dans les milieux libertaires et d’ultra-gauche Le soutien au négationnisme dans certains milieux libertaires et d’ultra-gauche s’appuie sur une logique idéologique qui dépasse la simple contestation des récits historiques dominants ou l’aversion exacerbée à Israël. Ces arguments, bien que souvent contradictoires, reposent sur des principes communs qui servent à légitimer une remise en cause radicale de la Shoah et de son rôle dans l’Histoire contemporaine. Rejet de l’histoire officielle comme outil de domination Dans ces milieux, l’Histoire officielle est perçue comme une construction idéologique servant les intérêts des élites. La Shoah, en particulier, est présentée comme un « mythe » créé pour légitimer l’ordre démocratique libéral et disqualifier toute opposition révolutionnaire. Pierre Guillaume, fondateur de La Vieille Taupe, considère que la Shoah est utilisée pour maintenir le capitalisme en position dominante, en rendant toute critique du système synonyme de justification du nazisme. Les militants influencés par le marxisme ou le trotskisme estiment que l’Histoire est écrite par les vainqueurs et que les récits des crimes nazis occultent les responsabilités des démocraties occidentales. Selon eux, il est essentiel de ne pas distinguer les crimes nazis des autres crimes de l’histoire. À leurs yeux, il n’existe aucune différence de nature ni de degré. Ainsi, les chambres à gaz doivent être occultées afin d’effacer toute distinction entre ces crimes. Antisionisme exacerbé et discours complotiste Dans ces milieux, l’antisionisme devient souvent un vecteur d’un antisémitisme implicite ou explicite. Les récits historiques sur la Shoah sont accusés de servir un projet politique global, celui du sionisme mondial, perçu comme une force oppressive et manipulatrice. Roger Garaudy, dans Les Mythes fondateurs de la politique israélienne (1995), soutient que les sionistes exploitent la Shoah pour justifier la colonisation de la Palestine et pour protéger Israël de toute critique. Ces arguments glissent vers un complotisme où les Juifs, assimilés aux élites capitalistes, sont perçus comme les architectes d’une domination mondiale. Critique des antagonismes traditionnels Certains auteurs d’ultra-gauche remettent en cause la distinction entre fascisme et démocratie libérale, affirmant que ces deux systèmes sont les deux faces d’une même pièce capitaliste. Dans Auschwitz ou le grand alibi (publié en 1960 dans la revue Programme communiste), l’ultra-gauche bordiguiste affirme qu’Auschwitz est instrumentalisé pour créer une opposition artificielle entre fascisme et démocratie, et que seule une révolution prolétarienne peut dépasser cette fausse dichotomie. Réduction des crimes nazis à une logique capitaliste Une partie des théoriciens d’ultra-gauche soutiennent que le nazisme, en tant que forme extrême de capitalisme, ne pouvait pas chercher à détruire une main-d’œuvre potentiellement exploitable. Cette vision minimise la spécificité idéologique du génocide nazi et tend à relativiser la Shoah en la présentant comme un crime parmi d’autres commis par des systèmes capitalistes. Serge Thion et d’autres auteurs reprennent cette rhétorique pour affirmer que l’extermination des Juifs serait incompatible avec une logique économique pragmatique, ce qui ouvre la porte aux thèses négationnistes. Figures de l’ultra-gauche, libertaires Pierre Guillaume (1940 – 2018) : Éditeur et militant politique d’ultra-gauche, fondateur de La Vieille Taupe, initialement une librairie créée en 1965 à Paris et spécialisée dans la littérature politique radicale. Sous son impulsion, La Vieille Taupe devient une maison d’édition dans les années 1970, avant d’être transformée en une plateforme de diffusion des thèses négationnistes dans les années 1980. Guillaume publie notamment des œuvres de Robert Faurisson et présente le négationnisme comme un prolongement logique de la lutte révolutionnaire contre le capitalisme et le « système ». Avec Serge Thion, il fonde le site AAARGH (Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerres et d’Holocaustes), utilisé pour diffuser des textes négationnistes à l’échelle internationale. |
![]() Description de la photo : Robert Faurisson au premier plan avec Pierre Guillaume, mars 2007, au palais de justice de Paris. Phdn.org : https://phdn.org/negation/faurisson/daeninckx-frank-faurisson.html |
| Serge Thion (1942 – 2017) :Sociologue proche des milieux libertaires, il était un chercheur au CNRS jusqu’à son renvoi dans les années 2000 en raison de ses positions négationnistes. Proche de Noam Chomsky, il adopte une posture controversée en remettant en cause la réalité du génocide cambodgien et soutient Robert Faurisson dès le premier scandale sur ses allégations négationnistes. Dans son ouvrage Vérité historique ou vérité politique ? (1980), il dénonce un mythe politique autour du génocide des Juifs, tout en se présentant comme un défenseur de la liberté d’expression. Avec Pierre Guillaume, il cofonde le site AAARGH (Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerres et d’Holocaustes), contribuant ainsi à la propagation du négationnisme sur Internet. En 2006, il participe à la conférence internationale de négationnistes organisée à Téhéran, les 11 et 12 décembre, sous l’impulsion du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, confirmant son rôle dans la diffusion mondiale du négationnisme. Pour aller plus loin : Histoire du négationnisme en France, Valérie Igounet, Seuil, 2000. Les idées fausses ne meurent jamais… Le négationnisme, histoire d’un réseau international, Stéphanie Courouble-Share,Le Bord de l’eau, 2021. |
| Roger Garaudy (1913 – 2012) :Philosophe, ancien membre du Parti communiste français, devenu négationniste après sa conversion à l’islam dans les années 1980. Dans son ouvrage Les Mythes fondateurs de la politique israélienne (1996), il relie la négation de la Shoah à une critique virulente du sionisme. Cet ouvrage, qui a fait l’objet d’un procès en 1998 pour contestation de crimes contre l’humanité, a été interdit par la justice française et a valu à Garaudy une condamnation pour propos négationnistes. Le livre a toutefois reçu le soutien de certains milieux d’ultra-gauche ainsi que de figures religieuses, notamment l’Abbé Pierre, qui non seulement défend publiquement son droit à s’exprimer, mais apporte également un soutien explicite à Garaudy en validant certaines de ces allégations. Pour aller plus loin : « La négation de la Shoah dans les pays arabes. Réactions aux mythes fondateurs de la politique israélienne », Goetz Nordbruch, Traduit de l’anglais par Darmon, C. (2004), Revue d’Histoire de la Shoah, N° 180(1), 264-290. https://doi.org/10.3917/rhsho1.180.0265. « La faute de l’abbé Pierre », Le Point, 27 avril 1996, Phdn.org |
![]() Description de la photo : Roger Garaudy et l’Abbé Pierre, le 28 mai 1989, à Assise, en Italie. Photo, Bassignac Gilles/Gamma : https://www.lemonde.fr/a-la-une/portfolio/2007/01/22/l-abbe-pierre-a-beaucoup-agi_858419_3208.html Lors de son procès pour négationnisme, R. Garaudy est soutenu par l’Abbé Pierre, qui déclare dans Libération le 29 avril 1996 qu’il faut « lever le tabou » autour de la remise en cause de l’histoire de l’Holocauste et met en doute la construction de toutes les chambres à gaz projetées par les nazis. |
| Noam Chomsky (1928 – ) :Linguiste, philosophe et intellectuel de renommée mondiale. Bien qu’il ne soit pas négationniste, sa défense de la liberté d’expression de Robert Faurisson est controversée. Dans ce contexte, il qualifie Faurisson de « chercheur indépendant et apolitique », une description contestée étant donné les positions clairement idéologiques de ce dernier. De plus, Chomsky s’était déjà impliqué dans des controverses similaires en minimisant ou relativisant les récits sur le génocide cambodgien sous les Khmers rouges, alimentant des accusations d’aveuglement idéologique. Pour aller plus loin : Les idées fausses ne meurent jamais… Le négationnisme, histoire d’un réseau international, Stéphanie Courouble-Share,Le Bord de l’eau, 2021. Chap. 8. |






