En résumé, Le négationnisme s’est diffusé dans le monde arabo-musulman et chez certains groupes islamistes en Europe, souvent en tant qu’outil politique et idéologique. Il s’inscrit dans un double discours qui vise à délégitimer l’État d’Israël tout en diffusant une rhétorique antisémite sous couvert d’opposition au sionisme. Cette appropriation du négationnisme par des courants islamistes trouve des relais dans certains milieux intellectuels et politiques. En Iran, elle est érigée en doctrine d’État, illustrée notamment par la conférence internationale de Téhéran en 2006. Cette instrumentalisation du négationnisme permet de consolider une posture anti-occidentale et anti-israélienne, tout en utilisant l’évocation de la Shoah pour accuser les puissances occidentales de duplicité.
| Le négationnisme et l’islamisme en Europe, le monde arabe et l’Iran Le négationnisme a trouvé un terrain fertile dans certains milieux islamistes en Europe, dans le monde arabe et en Iran. En s’appuyant sur une rhétorique antisémite et anti-israélienne, ces discours utilisent la remise en cause de la Shoah pour délégitimer l’État d’Israël et alimenter une propagande idéologique. |
| Figures islamistes, dans le monde arabe, iranien Ahmed Rami (1946 – ) : En 1987, Ahmed Rami, un ex-officier marocain réfugié en Suède, lance Radio Islam, une radio ouvertement antisémite et antisioniste qui associe islam et nazisme. Quelques années plus tard, il fonde le site radioislam.org, qui devient une plateforme internationale de diffusion des écrits négationnistes. Homme de réseaux, Rami entretient des contacts avec des néo-nazis, tels qu’Ahmed Huber (islamiste néonazi suisse proche de l’ancien SS Johann von Leers), des institutions iraniennes (Rami est fréquemment invité en Iran) et des figures du négationnisme comme Robert Faurisson et David Irving. |
![]() Description de la photo : En 1994, Gerd Honsik (au centre), négationniste autrichien, néo nazi, rencontre l’islamiste et négationniste Ahmed Rami (au gauche), dans la maison de l’ancien SS Otto-Ernst Remer (à droite), en exil à Marbella, Espagne. G. Honsik raconte cette rencontre dans une préface au livre de A. Rami, Zuerst nach Casablanca, en 2017 |
| Mahmoud Abbas (1935 – ) : Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a soutenu des positions négationnistes dans sa thèse de doctorat publiée en 1982 à Moscou, où il relaye les arguments de Robert Faurisson, minimise l’ampleur de la Shoah et accuse le mouvement sioniste d’avoir collaboré avec les nazis. Plus récemment, certaines de ses déclarations publiques ont réaffirmé des propos similaires, suscitant une vive indignation au niveau international. Pour aller plus loin : « Est ce que le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est négationniste », Stéphanie Courouble-Share, Nonfiction.fr, 1er juillet 20215, en ligne : https://stephanieshare.com/est-ce-que-le-president-de-lautorite-palestinienne-mahmoud-abbas-est-negationniste/ |
| En Iran : Le 11 décembre 2006 s’ouvre à Téhéran la conférence internationale « Review of the Holocaust: Global Vision » (« Révision de l’Holocauste : une vision globale »), initiée par le ministre des Affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki. Présentée comme un « forum scientifique », cette conférence réunit 67 négationnistes et sympathisants de 30 pays, répondant ainsi aux discours de Mahmoud Ahmadinejad, élu en 2005, qui avait publiquement qualifié la Shoah de « mythe » utilisé par les Juifs pour justifier la création de l’État d’Israël (The Gardian, 14 décembre 2005, en ligne : https://www.theguardian.com/world/2005/dec/14/iran.secondworldwar). Ces événements illustrent la dimension politique du négationnisme dans les stratégies diplomatiques et idéologiques iraniennes. Note The Gardian, 14 décembre 2005, en ligne : https://www.theguardian.com/world/2005/dec/14/iran.secondworldwar |
| Bachar al-Assad (1965 -) : L’ancien président syrien Bachar al-Assad a tenu des propos négationnistes lors d’un discours en 2017, où il nie l’Holocauste et accuse les États-Unis d’avoir financé les nazis (The Times of Israel, 20 décembre 2023, en ligne : https://www.timesofisrael.com/syrias-assad-claims-holocaust-was-a-lie-fabricated-to-justify-creation-of-israel/). Ces déclarations, largement relayées, inscrivent le négationnisme dans une stratégie de propagande visant à discréditer les puissances occidentales et à nourrir un discours anti-israélien. |


