Description de la photo :

  • Der Weg, revue néonazie et négationniste de langue allemande publiée à Buenos Aires, Argentine, de 1947 à 1957.
  • Johann von Leers, ancien collaborateur nazi de Goebbels sous le Troisième Reich, exilé en argentine en devient le responsable de 1950 à 1957

En résumé, Les négationnistes nient l’arme du crime, les coupables, les victimes, les témoins, la scène du crime et son mobile, usant de sophismes pour saper la mémoire et les faits historiques. Leur rhétorique s’inscrit dans un délire illogique, mais vise à déstabiliser la vérité en exploitant l’ignorance et les préjugés.

Les arguments des négationnistes relèvent à la fois de la négation, de la distorsion et de la manipulation des faits historiques.

Parmi leurs affirmations fallacieuses, on retrouve :

  • Le projet du Troisième Reich visait l’émigration des Juifs, non leur extermination.
  • Le processus de mise à mort au moyen de chambres à gaz aurait été techniquement impossible. Les crématoriums, trop vétustes, n’auraient pas pu fonctionner à l’intensité décrite. Les décès dans les camps seraient dus à des maladies comme le typhus ou à l’épuisement, non à des assassinats.
  • Les preuves du génocide (témoignages, documents, photos, plans) fournies par les historiens, les Juifs ou les Alliés seraient falsifiées ou insuffisantes pour démontrer l’intentionnalité du génocide et le crime de masse lui-même, tandis qu’eux prétendent détenir des preuves de l’inexistence de ce crime.
  • Les Juifs disparus étaient/seraient toujours en vie, vivants sous de faux noms en Israël ou aux États-Unis.
Pour aller plus loin :  
Pratique de l’Histoire et Dévoiements Négationnistes, https://phdn.org/archives/holocaust-history.org/wannseeprotocol/index.html
Holocaust Denial on Trial, https://www.hdot.org/debunking-denial hdot.org
Holocaust Controversies, https://holocaustcontroversies.blogspot.com/

Les arguments négationnistes contre les rouages nazis d’extermination

Le négationnisme ne se limite pas à la remise en cause des chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau, il attaque l’ensemble du système nazi d’extermination, en tentant de minimiser ou de nier chaque rouage de cette machine génocidaire :

  1. L’Aktion T4 : Ce programme d’euthanasie, initié en 1939, visait à éliminer les personnes handicapées et malades jugées « inutiles ». Les négationnistes prétendent qu’il s’agissait d’actes isolés ou exagérés, minimisant son rôle dans le développement des techniques de mise à mort industrielles.
  2. Les camions à gaz : Ces véhicules équipés pour asphyxier leurs victimes avec des gaz d’échappement furent utilisés avant la généralisation des chambres à gaz. Les négationnistes nient leur usage pour les massacres.
  3. L’Aktion Reinhard : Cette opération, qui coordonnait l’extermination des Juifs polonais dans les camps de Belzec, Sobibor et Treblinka, est présentée par les négationnistes comme un simple programme de déportation. Ils nient l’existence de chambres à gaz et minimisent les pertes humaines.
  4. Auschwitz-Birkenau : Ce complexe symbolique est souvent le principal objet des attaques négationnistes, qui rejettent les preuves des chambres à gaz, qualifiant les témoignages de « fabrications » et les vestiges matériels de « manipulations ».
  5. Les assassinats par fusillades de masse : Les Einsatzgruppen, responsables de millions de morts, sont accusés par les négationnistes d’avoir simplement réprimé des partisans ou des ennemis militaires, niant les fosses communes découvertes et documentées.
  6. Les camps de concentration : Les négationnistes réduisent ces camps à des lieux de travail ou d’internement, niant les conditions inhumaines, les exécutions sommaires, et la mortalité massive.
  7. Les ghettos : Les ghettos, où la population juive était confinée dans des conditions atroces avant d’être déportée, sont interprétés comme des « mesures sanitaires » nécessaires en temps de guerre, occultant leur rôle dans le processus d’extermination.

Ces arguments visent à effacer la complexité et l’ampleur du génocide, en s’attaquant à chacune de ses composantes. Cette stratégie montre que le négationnisme, loin de se limiter à un lieu ou un élément, vise à démanteler l’histoire dans son ensemble pour réécrire le passé.

Pour aller plus loin :

Un dictionnaire du génocide, https://phdn.org/histgen/dictionnaire.html

https://phdn.org/histgen/t4/index.html

https://phdn.org/histgen/camionsagaz/index.html

https://phdn.org/histgen/reinhard.html

https://phdn.org/histgen/auschwitz/index.html

https://phdn.org/histgen/auschwitz/index.html



Les négationnistes s’appuient sur des tactiques fallacieuses:

  • Sortir des documents de leur contexte historique, ignorant les éléments qui forment la mosaïque complexe de l’Histoire.
  • Appeler à une pseudo-logique, renversant parfois les faits pour les rendre absurdes.
  • Dénoncer des contradictions mineures pour rejeter l’ensemble des récits historiques, selon un effet domino proche des théories complotistes.



Les buts et agendas politiques du négationnisme

Le négationnisme ne se limite pas à une révision fallacieuse des faits historiques. Il poursuit des objectifs idéologiques et politiques clairs, notamment :

  • Réhabiliter le nazisme : En minimisant ou en niant les crimes du régime nazi, les négationnistes cherchent à blanchir son image et à encourager la résurgence d’idéologies d’extrême droite.
  • Diffuser l’antisémitisme et l’antisionisme : Ces idées sont au cœur du discours négationniste, souvent formulées sous forme de théories du complot visant à discréditer les Juifs et à délégitimer l’État d’Israël.

Antisémitisme et antisionisme

Le négationnisme s’appuie sur des récits profondément antisémites, qui cherchent à nourrir la haine et la méfiance envers les Juifs.

Ces théories incluent :

  • Les témoins juifs seraient des menteurs, leurs récits étant jugés non fiables ou volontairement déformés.
  • Les historiens, perçus comme étant eux aussi juifs, sont accusés de manipuler l’histoire en raison de leur prétendue appartenance religieuse.
  • La Shoah serait une invention, attribuée aux Juifs, aux organisations juives et aux Alliés. Selon les négationnistes, cette « rumeur » aurait été orchestrée pour justifier la création d’un foyer national juif en Palestine et pour maintenir un soutien international à l’État d’Israël aujourd’hui.

Nation Europa, revue néo-nazie et négationniste allemande de 1951 à 2009.

Selon Nation Europa, revue néo-nazie et négationniste allemande, en 1939, Chaïm Weizmann, en tant que président de l’Organisation sioniste mondiale, aurait signé avec le régime britannique un accord officiel où « tout le potentiel juif » se serait rangé sous la « conduite du gouvernement britannique » (Hermann Schild,« Zum Geheimnis der “Endlösung” » (À propos du secret de la « Solution finale »), Nation Europa, 6 août 1956.). Nombreux sont les négationnistes qui reprendront cet argument par la suite. En la personne de C. Weizmann, président de l’agence juive en Grande-Bretagne, la communauté juive internationale aurait déclaré la guerre à l’Allemagne en septembre 1939, date supposée d’un article de C. Weizmann dans la Jewish Chronicle où il aurait signé l’allégeance de la communauté juive mondiale au gouvernement britannique. Sans penser davantage si C. Weizmann avait la prérogative de s’exprimer au nom de tous les Juifs du monde dans une intention aussi grave qu’une déclaration de guerre, les négationnistes tronquent également cette lettre. En effet, dans la Jewish Chronicle du 8 septembre 1939, on trouve effectivement une lettre de C. Weizmann envoyée à Neville Chamberlain, Premier ministre, en date du 29 août, donc antérieure au début de la guerre, qui en sa qualité de président de l’Agence juive, et seulement en cette qualité, assure au « Premier ministre britannique du soutien de l’Agence juive à la cause des démocraties », ce qui n’est en rien une déclaration de guerre (Jewish Chronicle, 8 septembre 1939, cité par P. Vidal-Naquet, Les assassins de la mémoire, La Découverte, 1987, p. 59, note 81. Chaïm Weizmann écrit : « Les Juifs soutiennent la Grande Bretagne et se battront du côté des démocraties. »)