Internet est un outil puissant, mais il expose aussi les jeunes à des contenus choquants tels que les insultes, le harcèlement, la pornographie et les messages haineux. Plusieurs études ont analysé comment ces contenus affectent les jeunes et comment nous pouvons les protéger.
Une exposition croissante aux risques en ligne
Le rapport « Net Children Go Mobile » met en évidence une augmentation des risques en ligne pour les enfants entre 2010 et 2014, incluant le harcèlement, l’exposition à des images violentes, et les messages haineux. Ces expériences sont souvent liées à l’apparence physique, l’identité sexuelle, la religion ou la couleur de peau. Cette recherche, financée par le programme Safer Internet de la Commission européenne, a impliqué sept pays et souligne les défis croissants pour assurer la sécurité des enfants en ligne, notamment via les appareils mobiles.
Les principaux risques identifiés
-Insultes et Harcèlement : Les jeunes font face à des comportements hostiles en ligne, amplifiés par l’anonymat des plateformes.
-Contenus Violents : L’accès à des images violentes est fréquent et peut affecter le bien-être émotionnel des jeunes.
-Messages Haineux : Les contenus discriminatoires renforcent les stéréotypes négatifs et nuisent à l’estime de soi.
Une réalité alarmante
En France, une enquête de 2018 par Renaissance Numérique et Génération Numérique a mis en lumière l’exposition des jeunes aux contenus choquants. Menée auprès de 20 853 élèves (11-18 ans), elle vise à sensibiliser aux bons usages des réseaux sociaux.
Enseignements de l’enquête
-Insultes sur l’apparence physique (34 %) et pornographie (34 %) sont les plus fréquents.
-Propos racistes : 13 % pour les 11-14 ans et 33 % pour les 15-18 ans.
-Plus de 50 % des contenus choquants concernent des propos antimusulmans, antisémites, ou anti-chrétiens. Bien que le rapport ne fournisse pas de statistiques spécifiques sur l’antisémitisme, il souligne que les jeunes sont souvent confrontés à des contenus choquants sur les réseaux sociaux.
-Près de 40 % des jeunes ne savent pas comment réagir face à ces contenus, mais environ un tiers les signale.
-Près de 48 % des jeunes rencontrent des contenus choquants via les réseaux sociaux, chiffre qui atteint 61 % pour les 15-18 ans.
Ces résultats montrent que la citoyenneté numérique des jeunes est à développer, surtout qu’ils sont particulièrement exposés aux contenus choquants.
La cyberhaine : un phénomène en croissance
D’autres travaux montrent que les jeunes sont de plus en plus exposés à la cyberhaine. Catherine Blaya, professeure en sciences de l’éducation, a interrogé 1 189 jeunes (11-20 ans) et révèle que 14,3 % ont été victimes de cyberhaine. Les SMS (11,6 %) et les médias sociaux (9,6 %) sont les moyens les plus utilisés.
Catherine Blaya explore les mécanismes de la cyberhaine, distinguant entre la cyberviolence ponctuelle et le cyberharcèlement persistant, soulignant leurs lourdes conséquences.
Lutter contre les appels à la violence en ligne
Catherine Blaya insiste sur l’importance de comprendre comment ces contenus se propagent pour mieux les prévenir. Les parents, enseignants, opérateurs en ligne et décideurs politiques doivent collaborer pour créer un environnement en ligne plus sûr. En déconstruisant les techniques des propagateurs de haine, nous pourrions agir plus efficacement pour protéger les jeunes.

